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Dans le premier article de ce dossier sur la responsabilité individuelle, j’expliquais comment passer de la culpabilité à la responsabilité personnelle pouvait être une étape essentielle pour se libérer et aller vers le bonheur. Cette question de la responsabilité individuelle me tourmente depuis longtemps. La responsabilité est une des bases du développement personnel.

En tant que coach, je pense que deux grandes typologies de question sont à aborder lorsqu’on évoque la responsabilité personnelle. Tout d’abord, il y a toute la partie descriptive, que j’aborderai ici. Qu’est-ce qui relève de notre responsabilité individuelle dans notre vie ? Ensuite, il y a la partie qualitative, que j’aborderai dans le prochain article. Comment devenir plus responsable et qu’est-ce qui est aidant dans la voie du bonheur ? Comme toujours, vos commentaires sur le blog et partages auprès de vos communautés sont les bienvenus.

Limite de responsabilité entre monde intérieur et extérieur

Vous trouverez facilement, même chez certains chercheurs en spiritualité, cette facilité naturelle à annoncer que nous sommes entièrement responsables :

  • de nos intentions
  • de nos pensées
  • de nos paroles
  • de nos actes, ou nos réactions

Je les ai classé volontairement dans cet ordre. Cet ordre pourrait en quelque sorte être celui du processus de création. Pour vous aider à comprendre, vous pouvez revenir sur mon article sur les niveaux de conscience.

Plus d’influence et de responsabilité sur notre monde intérieur

Envisager que nous soyons totalement responsable de notre monde intérieur (pensées, paroles, actions) demande un niveau de contrôle ou de conscience qu’aucun d’entre nous n’atteindra probablement dans cette vie. Je développe rapidement cet aspect un peu plus bas. Dès lors, il me semble illusoire de prétendre que nous sommes complètement responsable de ce que nous vivons intérieurement. Parallèlement, il est bon de noter que la tendance sociale veille à limiter la responsabilité individuelle au profit d’une forme de « victimisation« . Socialement parlant, nous avons tendance à chercher celui (patron, conjoint, parent etc) qui est responsable de notre malheur. Être victime d’un « système » permet de ne pas se voir et d’éviter la douleur d’une désillusion. Devenir responsable demande de grandir et de changer.

Positionner la limite de responsabilité entre monde intérieur et extérieur

L’intérêt de devenir responsable de son monde intérieur est double. D’abord cela nous donne la possibilité de nous concentrer sur quoi nous avons de l’influence. Cela nous évite de nous disperser et préserve notre énergie. Ensuite, en reconnaissant notre responsabilité individuelle sur notre vie, nous pouvons reconnaître celle des autres sur la leur. Les autres sont responsables de leur vie et nous pouvons donc nous concentrer sur la nôtre. Dès lors, lorsque nous vivons une situation conflictuelle avec quelqu’un, nous devons laisser à l’autre la responsabilité de son comportement, et nous devons rectifier ce qui a fait que nous nous sommes retrouvés dans cette situation pour ne pas répéter l’écueil. La limite de responsabilité est à la fois ce qui permet de définir notre zone de confort mais également notre zone de pouvoir (là on nous pouvons agir).

Responsabilité individuelle de nos pensées, paroles et actions

Dans ce paragraphe, je développe les notions de responsabilité que nous avons vis-à-vis de nos pensées, de nos actes et de nos paroles.

Sommes-nous responsables de nos pensées ?

Nous avons tous vécu cette sensation où ce que nous pensions 5 ans auparavant n’est plus d’actualité. Nos pensées actuelles sont le fruit de nos constructions cérébrales passées. Nous sommes seulement capables de penser en référence au passé, qui a construit le système dans lequel nous vivons aujourd’hui. Et ce que nous vivons actuellement peut parfaitement influer ce que nous penserons dans une heure, un jour, un mois… En conséquence, le meilleur moyen de modifier le cours de ses pensées de demain consiste à changer sa vie aujourd’hui.

Sommes-nous responsables de nos actes ? de nos réactions ?

La PNL (programmation neuro-linguistique) nous certifie que nous sommes libres de donner la réponse que nous souhaitons à un stimulus (une phrase ou un acte extérieur, une sensation etc.). Mais le sujet est plus vaste vous vous en doutez. En effet, avez-vous déjà du éviter un chevreuil sur la route ? Avez-vous déjà eu votre sac à main arraché lors d’une promenade ? Comment avez-vous réagi ? Auriez-vous pu agir autrement ? etc

Car entre action et ré-action, il n’y a qu’un « ré ». Certains diront qu’il a bon « do », le « ré » (joli ? 😉). Tout est dans la nuance.

A mon sens, la réaction diffère de l’action par deux aspects. Tout d’abord, la réaction peut être réflexe et faire appel à l’intelligence du corps ou l’instinct. L’instinct est une réaction primitive d’adaptation qui permet de sortir de situation où l’analyse n’a pas sa place. Souvent par manque de temps. L’intelligence corporelle peut également survenir par l’apprentissage. Maintenant je pense que le curseur entre action et réaction se situe dans le niveau de conscience qui justifie l’action. Si l’action est inconsciente ou irrationnelle alors nous sommes plus proches de la réaction. Si nous prenons le temps d’être conscient de nos actes alors nous sommes dans l’action.

Nous sommes responsables de nos paroles ?

Un peu comme pour les actions, je pense que la responsabilité de nos propos est indéniable, mais variable. Même si nous ne pouvons que constater que nous bénéficions d’un laps de temps entre nos pensées et nos paroles. Avez-vous bien tourné 7 fois votre langue dans votre bouche avant de parler ? C’est la moindre des questions à se poser avant un discours, mais comment parler lorsque les émotions sont trop fortes ?

Et c’est là que nous arrivons dans un autre monde, celui des émotions…

Responsabilité et émotions

Le stoïcisme et la maîtrise du monde intérieur

Pour évoquer le rôle des émotions, je tiens à vous partager un point de vue. Celui de Marc Aurèle (II ème siècle après J.C.). Marc Aurèle était un empereur de Rome à son apogée et un philosophe stoïcien. Le stoïcisme est un courant de la philosophie occidentale. Un grand principe du stoïcisme, pour aller vers le bonheur, est d’attacher notre effort sur ce que nous pouvons influer plutôt que sur ce qui ne dépend pas de nous.

Marc Aurèle a écrit ses « Méditations » . Une thème central de ses « Méditations » est la paix de l’esprit. Il nous explique que pour garder la paix de l’esprit, nous devons regarder les choses telles qu’elles sont. Comme je l’ai noté plus haut, accepter les choses telles qu’elles sont, nous évite de nous disperser et préserve notre énergie.

Marc Aurèle avait un immense pouvoir d’acceptation. Il était l’empereur d’un territoire très vaste. Et sans aucun doute pour gouverner et « tenir » un tel empire, lui fallait-il avoir une grande force intérieure. Dans notre société où l’esprit et le mental sont rois, je souhaite vous faire une proposition. Car je ne peux imaginer qu’un fort mental soit suffisant pour avoir une grande force intérieure.

Une grande force intérieure ne résulte pas uniquement de le force mentale, mais également de son alignement avec la force émotionnelle.

L’intelligence émotionnelle et la gestion des émotions

L‘intelligence émotionnelle est socialement trop souvent omise. Cependant, on mesure désormais son indice avec le QE (quotient émotionnel). Ce dernier est maintenant un sérieux complément au QI (quotient intellectuel). Si le sujet vous intéresse, vous pouvez consulter les recherches de Daniel Goleman par exemple. C’est un psychologue américain qui a beaucoup étudié ce domaine.

Pour vous donner un exemple personnel, je me suis déjà retrouvé dans des situations, à caractère similaire, dans lesquelles je perdais patience. Puis à force de vivre ces situations, je devenais plus calme et plus apte à les traverser. L’expérience individuelle est un bon guide vers l’intelligence émotionnelle. Et je pense que vous serez d’accord avec moi. Il est beaucoup plus simple d’émettre des pensées, des paroles et des actes allant vers une meilleure responsabilité individuelle, lorsque nos émotions nous traversent avec « intelligence ».

Maintenant sommes-nous responsables de nos émotions ? Personnellement, je ressens comme une incongruence dans la question. Une émotion se vit et se transmute. Elle peut alors soit se dissoudre, soit évoluer vers autre chose. Le langage des émotions est une langage qui est en-dessous du mental. Quand j’écris en-dessous, ce n’est pas péjoratif et je ne veux pas dire que l’émotion est moins intelligente que la raison. Je dis juste que l’émotion est située dans le ventre et la raison dans la tête. C’est quelque chose de différent et qui s’appréhende donc différemment. Une émotion ne se traite pas comme une pensée ou un acte rationnel. Elle apparaît puis se vit. Intégrer une expérience et intégrer une émotion, sont deux phénomènes liés.

Dans le prochain article, j’aborderai d’autres aspects philosophiques et spirituels liés à la responsabilité individuelle.

Julien PINOT | Mage Intérieur

Coaching en développement personnel et spirituel Bordeaux, Marseille, Paris, Moscou

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