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Rite de passage en voyage initiatique improvisé – où quand la vie enseigne

On peut voir un psy, faire des stages de développement personnel, participer à des conférences inspirantes à effet « wow » (ou waouh), lire des livres de gourous en spiritualité… Il n’en reste pas moins que la vie est souvent notre meilleur coach en développement personnel et un précieux guide spirituel. Elle nous délivre en permanence des messages par l’intermédiaire de signes, de synchronicités etc. ou bien, un enseignement par le biais d’une rencontre. Tel est l’objet de cette « tranche de vie ».
Le témoignage que je vous livre ci-dessous est brut, sans relecture. Je l’ai écrit le 20 août 2018, à l’occasion d’un back-pack (voyage avec un sac à dos) entre le Danemark et l’Islande. Je m’arrête alors pendant 3 jours dans les îles Féroé lors d’un voyage initiatique personnel en ferry jusqu’en Islande. Il ne s’agit pas ici d’un voyage initiatique chamanique comme j’ai pu en réaliser en Mongolie ou Sibérie. Mais bel et bien un rite de passage déguisé, comme la vie en offre en permanence à celles et ceux qui ont le regard affûté 😉
 
Je vous invite à me laisser vos commentaires ou bien à partager vos rencontres au détour d’un voyage.

Le récit de ce voyage initiatique

Entrevue et voyage d’une soirée, le hasard ou le destin m’aura fait encore une fois de plus un bien beau cadeau. J’emprunte volontiers à Rousseau que « l’homme est bon par nature ». En revanche, dire que l’Humanité est belle, est une généralité facile. J’ai eu la chance de rencontrer hier un homme plein d’humanité, malgré ce que penseront les bobos écolos. Explications et retour à chaud sur une belle initiation par une rencontre une vraie belle âme.

Jouissance et acceptation

Je paye de plus en plus d’importance aux gens qui sont dans la jouissance de la vie. Je n’appelle pas jouissance la seule manière de profiter des événements positifs de la vie. Mais de jouir de la vie dans sa totalité, y compris dans ses imperfections, ses épreuves et ses malheurs.
 
Derrière cela se cache une notion que je qualifie désormais d’essentielle en développement personnel (depuis pas si longtemps – je l’avoue) ; l’acceptation. Acception de ce qui est et de ce que je suis. L’acceptation ne va pas dans le sens du mental, en particulier dans la société occidentale, qui a tendance à toujours vouloir remettre en cause, améliorer etc. Cela ne veut pas dire que tout ce que l’on vit nous convient, surtout lorsqu’on a conscience (tout du moins partiellement) de ce qui se passe. Car pour la tête tout est toujours possible, il faut admettre que pour les mains et les pieds l’engagement, la persévérance et la résilience sont des qualités de long terme.

Rencontre avec Sigmar, marin-pêcheur des Îles Féroé

Lors de ce voyage initiatique personnel, je rencontre Sigmar à la gare maritime de Tórshavn, la capitale des Îles Féroé, un soir d’août 2018. Je dois voyager depuis l’île de Streymoy vers celle de Suduroy « à cause », mais surtout « grâce » à une erreur de réservation de chambre chez l’habitant. J’avais envie de voir Suduroy, j’y suis maintenant invité. Comme je voyage avec mon sac à dos (mon backpack), j’arrive avec une bonne heure d’avance au port. Là, un homme attend déjà, avec deux gros sacs à ses côtés. J’engage la discussion sous prétexte de valider que je suis au bon endroit et puis nous n’arrêterons pas d’échanger jusqu’à destination.

Un rapport sain et fluide à l’argent

Très vite, nous commençons à parler de sa vie. Il est marin pêcheur sur un navire de 30 mètres, qui pêche dans les eaux territoriales des îles Féroé. Les bateaux partent à deux en drainant un filet entre eux. Le salaire est bon. Il gagne entre 9000 et 10000 euros par mois avant impôts (moitié moins après) et il n’est pas du tout gêné par les questions d’argent. « That is good money » (c’est un bon salaire) me dit-il.
Cette question du salaire n’est pas du tout censurée comme en France et je lui parle également des questions d’argent. Il explique qu’il y avait 8000 marins pêcheurs il y a un peu plus de 10 ans et qu’il en reste 800 à l’heure actuelle quand bien même la pêche reste la principale source de revenus des Îles Féroé. De nombreux pêcheurs sont partis travailler en Norvège par exemple.
Sigmar connaît beaucoup de monde sur la bateau et m’indique « untel est parti en Norvège il gagne entre 80 et 90000 euros après impôts chaque année comme marin pêcheur ». Ou bien « untel (autre) est le fils du ministre de la pêche et lui et son frère sont sur le bateau le plus cher des Îles Féroé. Ils gagnent plus de 200000 euros par an à travailler deux heures par jour pour pêcher le maquereau, le hareng etc. Ils ont 5 TV à bord, des PlayStation et Xbox etc ».

Ce n’est pas la destination qui fait le voyage initiatique

J’ai eu envie de vous partager cette rencontre pour essayer de vous faire ressentir ce que je pense être la beauté d’une vie simple et imparfaite, mais pleine d’humanité et incarnée. Voyage initiatique ou pas, ces rencontres sont pour moi le sel de vie. J’aime les gens avec le cœur simple. Ici, nul besoin de s’attarder sur les synchronicités ou sur une définition. Rester ouvert au hasard, simplement, reste le meilleur moyen de se relier à la magie de la vie et d’en faire un voyage initiatique permanent. Le film de la vie devient alors le spectacle de la spiritualité la plus naturelle et la plus évidente. A vous qui peut-être cherchez où partir pour un voyage initiatique, je le répète. Ce n’est pas la destination qui fait le voyage, mais le chemin. Nul Ceux qui ont suivi le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, par exemple, le savent bien. 

Simplicité et authenticité, le sel de la vie 

Les choses apparaissent assez clairement et rapidement avec Sigmar. Ainsi, lorsque je lui demande s’il pourrait changer de métier, une profession qu’il exerce depuis un peu plus de 10 ans au rythme de 2 semaines en mer et 1 semaine à terre. Il répond « That is a tough job. Everyday I have to lift hundred of cases of 40 kilos. But that’s not even a job, that’s a way of life ». (« C’est un travail dur. Chaque jour, je dois soulever des centaines de boîtes de 40 kilos. Mais ce n’est même pas un travail, c’est un mode de vie. »)
Alors qu’il est marin pêcheur depuis 11 ans, dont 10 ans passés au même poste, sur le même bateau avec le même équipage, je lui demande s’il n’a pas envie de s’embarquer sur un navire norvégien ou devenir capitaine.  Il me dit « Non, je n’ai pas envie de devenir capitaine. Ce n’est pas le même métier. Et puis j’aime mon équipe. Ce sont des amis. Quand on est 24h/24 pendant des semaines avec des gens qu’on n’aime pas, il n’y a nulle part où s’isoler. Et il faut vivre ensemble. Une fois je suis allé sur un autre bateau parce qu’il manquait un gars. Les gars dessus se battaient. J’ai dit au capitaine qu’il ne me rappelle jamais pour travailler avec eux. »
 
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Un voyage initiatique loin de l’idéalisation et des concepts bobo-écolos

Propos incarnés et alignement

Lorsque nous échangeons avec Sigmar, je suis pris dans un mélange de fascination et d’admiration. Nous sommes toujours loin d’une forme d’idéalisme, car cela deviendrait de la philosophie théorique, et non de la vie. Tous ses propos sont tellement incarnés.
Autre situation… il m’apprend que son ami a trompé sa femme avec son ex pendant 3 ans. « Je lui ai mis mon poing dans la gueule. Il n’a pas répliqué. Je n’accepte pas cela ».
Avec Sigmar, les choses sont simples et vivantes. On est loin du gourou en spiritualité ou du philosophe. Et c’est d’autant plus jouissif. Lors des trois heures que nous avons passé à discuter, même lorsque je sentais des différences de point de vue ou de conception, à aucun moment l’autre n’a chargé à argumenter ou à convaincre. Nous étions dans l’échange, point. J’ai tellement de mal à avoir de tels échanges dans l’Occident « pseudo » civilisé.* (*quand j’écris pseudo civilisé je ne cherche à blesser personne. Comme je le note souvent, le « bon sauvage » n’est pas celui que l’on croit). Et surtout en France où la pseudo-argumentation est la norme. Sauf avec les vrais amis, sans aucun doute.

La valeur de la communauté

Puis nous avons parlé de la vie aux Îles Féroé. Il m’explique qu’il est extrêmement heureux que ses garçons (5 et 10 ans), y grandissent. « Avant il n’y avait pas d’école maternelle. Quand mes enfants sortent, il y a toujours une personne âgée ou quelqu’un d’autre qui aura un œil sur eux au cas où il se passe quelque chose ». Voilà un beau sens de la communauté. J’avoue avoir souvent un œil sur les enfants de mon quartier, que ce soit lorsque tout va bien ou bien lorsqu’ils débordent. J’aime cet état d’esprit de communauté.
D’ailleurs, j’ai pu constater ce bel état d’esprit ailleurs que pendant ce voyage initiatique dans l’Atlantique Nord. Par exemple, lorsque j’arrive à Suduroy chez mon hôte et lui demande les clefs pour sortir le lendemain, il me dit « nous laissons ouvert ». Il n’y a paraît-il presque pas de vols aux îles Féroé. D’ailleurs, Sigmar laissera son ordinateur portable dans le compartiment bagages (ouvert à tous) pendant le trajet.

Un rapport différent à l’environnement

Enfin, nous passerons un long moment sur le pont. Nous partagerons une bière locale excellente. Je lui parle de ma vie, de Bordeaux et ses vins, de l’élevage des huîtres et de la chasse aux canards sur le bassin d’Arcachon. Il me parle de la chasse aux mouettes, qu’il adore manger. Cette année il me dit qu’il n’ira pas chasser. Car il n’en a pas besoin. Il souligne sans le vouloir qu’il ne prélève que ce qu’il a besoin pour manger. Je ne suis pas chasseur, mais je trouve que cela en dit long. Ne prélever que ce dont on a réellement besoin. Sans doute Gäia ira-t-elle mieux si l’humanité adoptait ce comportement. 
Nous en venons à parler (sans l’évoquer) des tabous du monde occidental; comme la chasse à la baleine. Il me dit détester les Sea Shepherds (comme je vous l’ai indiqué je n’ai pas souhaité vivre ce moment autrement que par la rencontre bienveillante.
Je laisse le soin aux objecteurs de conscience occidentaux d’avoir le point de vue intellectuel désincarné sur cet aspect.)
Il m’indique que les bateaux ne sortent pas en mer pour chasser mais que ne sont piégés que les baleines qui s’approchent des ports. Ensuite, et d’autres féroïens de Suduroy m’ont dit la même chose, les baleines pêchées sont ensuite reparties à parts égales entre tous les habitants de l’île. Il m’indique que l’espèce prélevée présente une population de 800 000 individus (des petites baleines de 3-4 mètres) et que dans le passé le maximum prélevé annuellement était de 1500 individus, chiffre tombé à quelques baleines ces dernieres années.

Ni tort, ni raison

Je n’ai aucunement souhaité vérifier ses propos car comme je vous le répète, lors de cette rencontre et de cet échange, je n’ai souhaité ni avoir tort ni avoir raison. Je sentais bien que cette rencontre était inhabituelle et rare. Sans doute un voyage devient-il un voyage initiatique lorsque la conscience le rend également « voyage intérieur« . J’ai laissé le silence s’installer et mon cœur écouter. J’ai trouvé Sigmar d’une grande sagesse, d’une belle humanité et parfaitement imparfait. J’ai commencé depuis quelques temps à regarder le rapport à la nature de l’Occident comme trop intellectuel. Mes frères et sœurs occidentaux me semblent souvent trop idéalisant la nature et la terre.
Or je pense profondément que la Terre n’est pas à sauver. C’est l’homme sur terre qui est à sauver. Mais comme on peut le prévoir, la terre continuera à exister même après la disparition de l’homme. Je veux préserver ce que j’aime de la Terre pour moi et nos enfants car j’aime l’humanité, la nature et la vie sur terre telle qu’elle existe.
Ensuite, je crois en l’incarnation, dont celle des animaux. J’aurais bien du mal à défendre les principes végétariens. Je n’oserai pas nier l’intelligence de vie et défendre par l’idée selon laquelle les animaux savent qu’ils doivent passer par la chaîne alimentaire.
 
Inutile de projeter de l’anthropomorphisme sur le monde animal, sur notre bien aimée Gaïa ou sur le divin en général (Non ! Dieu n’est pas un vieux barbu 🤪).

Une belle leçon de vie, sans en être une…

Merci donc à Sigmar pour la rencontre qu’il m’a permis de vivre et la belle leçon de vie qui n’en était pas une. Je me suis senti bien proche de lui malgré toutes nos différences. Voire plus proche que des gens que je côtoie plus facilement.
A la fin de ce court voyage initiatique, nous échangeons nos contacts en devenant amis facebook. Je lirai sur son profil : « travaille à Faroe Islands Maybe the Last Paradise on Planet Earth » (les îles Féroé, peut-être le dernier paradis sur la planète Terre). J’ai envie de lui donner raison, à sa façon. Car sa vision et son incarnation de la vie me semblent parfaitement cohérentes 🙂 Un bel exemple d’alignement incarné et vivant.
 
En conclusion, je ne peux que vous citer que ses quelques mots « I love people. I really love people » – « J’aime les gens. J’aime vraiment les gens ».
Touché, droit au cœur. Coulé.

Julien Pinot | Mage Intérieur

Voyages initiatiques et rites de passage 

Développement personnel et spiritualité | Bordeaux, Marseille, Paris, Moscou

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